L'école à la maison au Québec: Coup de gueule



Ma frustration envers le Québec est, je dois l’avouer, exponentielle depuis quelques années. Si le débat sur la laïcité était déjà un enjeu majeur pour penser à quitter la province, mon intérêt pour l’éducation à domicile en a rajouté une couche.

En effet, j’ai rapidement découvert que j’élevais mes enfants dans l’endroit le plus réfractaire à l’école maison en Amérique du Nord.

Aux États-Unis, nul besoin de dire que le homeschooling est carrément une option comme une autre. C’est, à travers le monde, le pays avec le plus grand nombre d’enfants instruits hors des bancs d’école.
Au Canada, l’Alberta, la Colombie-Brittanique et le Yukon sont les provinces/territoire les plus propices à ce choix éducatif. Ces endroits considèrent que le homeschooling est une option légitime comme une autre, plutôt que comme une exemption au système. Je sais qu’en Colombie-Brittanique, le gouvernement paie les parents 2000$ par enfant par année pour leur faciliter leur choix, en plus de leur fournir un soutien moral. En Ontario, il n’y a pas d’aide financière mais une grande ouverture étatique et une liberté dans les moyens.

Je ne rêve pas qu’on me paie pour mon choix. Mais, idéalement, j’apprécierais qu’on ne me mette pas des bâtons dans les roues. Or, la vis se serre de plus en plus pour les parents-éducateurs au Québec. Thanks to Legault, entre autres.

Cet été, pendant qu’une partie de ma comunauté se battait contre la loi 21, une autre de mes communautés se battait contre un nouveau projet de règlement régissant l’école à la maison au Québec. Le règlement a finalement été confirmé à la fin de l’été.
En gros, nous aurons moins de libertés dans le curriculum, et un suivi étatique plus serré. La paperasse devient désormais plus imposante, le suivi plus serré et une rencontre du gouvernement en présence des enfants est désormais obligatoire. Dans deux ans, des examens seront oligatoires en 4e et en 6e année, une autre nouveauté. On se rapproche là encore du modèle français dans ce domaine. Le ministre Roberge a d'ailleurs admis queque changement de règlement n'était pas basé sur de la recherche ou des études mais plutôt "son instinct".

Il y a à peine deux ans, j’aurais dit que c’est ben correct ! Après tout on doit protéger les enfants avant tout! Mais maintenant je vois l’envers la médaille et surtout je vois ce qui se fait ailleurs dans le monde et je suis confuse. Contrairement à d’autres, je n’ai pas connu la période d’école-maison avant Legault, donc je ne suis pas TROP frustrée. Pour moi c’est déjà super cool de pouvoir travailler en pyjama à l’heure qu’on veut, alors la paperasse en vaut largement la peine. Mais ça me stresse un peu… Comme là, par exemple, j’attends les commentaires sur mon plan d’apprentissage soumis à la rentrée. Comme j’utilise une méthode mathématique asiatique et un programme de lecture de France, j’ai bien hâte de voir ce qu’ils diront.

(À noter pour éviter la confusion : l’école à la maison est un droit au Québec. On peut retirer son enfant de l’école en tout temps sans justification ni approbation. Il faudra ensuite se soumettre aux conditions nécessaires, sous peine de négligence éducative (DPJ).)

J’en profite pour suggérer aux intéressés cet ouvrage objectif et complet écrit par une chercheure québécoise spécialisée en éducation à domicile. Elle en dresse le portrait historique, sociologique, politique dans cet ouvrage.

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